Le vignoble du Roussillon plonge ses racines jusqu'aux VIIIe et VIIe siècles avant Jésus-Christ !
A cette époque, les marins grecs venus de Corinthe se livraient au fructueux commerce du fer. Les criques accueillantes de la Côte Vermeille leur permettaient d'abriter leurs frêles galères. Le mont Canigou, du haut de ses 2 786 mètres, les guidait volontiers. Ce sont eux qui, en s'installant, apportèrent la vigne et l'art de sa culture.
Mais c'est avec la colonisation romaine que la vigne, en même temps que l'olivier, prend son essor dans la "Narbonnaise" qui devient, et pour longtemps, le lieu privilégié du commerce du vin. Les échanges se font alors par mer et par terre, comme le prouvent les multiples vestiges d'amphores retrouvés le long des côtes et des routes. Cette exportation traditionnelle perdura tout au long du Moyen Âge, institutionnalisée par les besoins de la liturgie du culte chrétien qui offre en sacrifice "le vin qui réjouit le coeur de l'homme".
Les fêtes populaires abondent et on partage ce que chacun a apporté, "qui du pain, qui du vin dans de petits carafons, qui des fruits de la terre, qui de l'huile d'olive ou des graisses de diverses natures", richesse de l'époque. En ce temps-là, on ajoute souvent miel, épices, herbes et aromates pour en faire un "nectar", du grec "nektar", boisson mythique des dieux, mot qui viendrait lui-même de "neko" (je tue) d'où boisson qui "tue le souvenir des choses terrestres", "boisson de l'oubli", abondamment chanté par les troubadours catalans, les "trobador".